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Comment organiser le nettoyage d'un immeuble neuf livré par lots ?

· 9 min de lecture

En bref

Le nettoyage d'un immeuble neuf se traite du haut vers le bas, lot par lot puis parties communes, avec un point d'eau et une alimentation électrique disponibles à chaque niveau et une zone tampon entre les étages livrés et les étages encore en travaux. Chez EPUREVA, chaque logement se chiffre au barème de fin de chantier : 20 DH/m² TTC en carrelage classique, 30 DH/m² TTC sur les autres sols, minimum 3 000 DH TTC par appartement.

Descendre, toujours — le sens de traitement d'une cage

La règle est la même qu'à l'échelle d'une pièce, transposée à un bâtiment : on ne nettoie jamais une surface qui sera encore traversée.

Le sens imposé est donc du haut vers le bas :

  1. Le dernier niveau et son palier.
  2. La volée d'escalier qui le dessert.
  3. Le niveau inférieur, et ainsi de suite.
  4. Le rez-de-chaussée, le hall et l'entrée en dernier.

Deux conséquences opérationnelles. Le matériel monte une seule fois, en début de tranche, et redescend en fin de tranche. Et une fois un niveau terminé, il n'est plus traversé : l'équipe descend et ne remonte pas chercher un consommable oublié.

Sur un immeuble livré par tranches non contiguës — trois lots au 2e, deux lots au 5e — ce principe s'effondre et chaque lot redevient un chantier indépendant, avec un montage complet de matériel. C'est la raison technique pour laquelle il vaut mieux libérer des lots contigus, niveau par niveau — voir notre page immeubles neufs et promoteurs.

Le point d'eau et le compteur, deux contraintes d'étage

C'est ce qui fait perdre le plus de journées sur un programme, et cela ne se voit sur aucun planning.

L'eau. Le rinçage d'un sol passé à la monobrosse consomme des dizaines de litres par pièce, et l'eau sale est aspirée puis évacuée. Sans point de puisage au niveau ou à l'étage immédiatement voisin, l'équipe porte des bidons dans l'escalier — et le temps de portage dépasse vite le temps de travail.

L'électricité. Une monobrosse et un aspirateur eau et poussière tirent une intensité que ne fournit pas une rallonge de chantier partagée avec un poste à souder. Il faut une alimentation dédiée sur le lot ou sur le palier, avec un différentiel en état.

Les trois situations à trancher avant de fixer une date :

  • Compteurs individuels non encore posés : prévoir une alimentation de chantier maintenue jusqu'à la fin du nettoyage, et non coupée à la réception des lots techniques.
  • Eau coupée pour essais d'étanchéité : la date d'intervention se cale après les essais, pas pendant.
  • Un seul point d'eau au rez-de-chaussée : la journée s'allonge, parce que le portage de l'eau prend le pas sur le travail. À signaler avant de fixer la date.

C'est une obligation du donneur d'ordre, développée dans ce qu'un promoteur doit fournir et exiger.

L'ascenseur : protection, créneaux, traitement final

L'ascenseur est le point de friction entre l'équipe de nettoyage, les corps d'état restants et, à partir des premières livraisons, les acquéreurs eux-mêmes.

Trois décisions à prendre avant le démarrage :

  • La protection de la cabine reste en place tant que du matériel y transite. La retirer trop tôt, c'est livrer une cabine rayée par une monobrosse ou un chariot.
  • Le créneau d'usage : le montage et le démontage du matériel se concentrent en début et en fin de tranche. Deux créneaux réservés suffisent, plutôt qu'une immobilisation continue.
  • Le traitement de la cabine en dernier, après le hall, avec le retrait des protections, le nettoyage des seuils de palier à tous les niveaux, des rails de porte et du miroir.

Une cabine nettoyée pendant que les équipes descendent encore du matériel est une cabine à refaire. Ces trois décisions ont leur place dans le planning du conducteur de travaux, pas dans une discussion improvisée le jour J.

Portage du matériel et stationnement du véhicule

Un poste invisible sur un devis, très visible sur une journée.

Une monobrosse basse vitesse, un aspirateur eau et poussière avec sa cuve, les bidons de produit, les disques, la perche et les rallonges représentent un chargement significatif. Le temps de montage varie du simple au triple selon trois paramètres :

  • La distance entre le stationnement et l'entrée. Sur un programme en périphérie, la voirie n'est souvent pas encore livrée : le véhicule s'arrête à cinquante mètres, sur un sol meuble.
  • La disponibilité de l'ascenseur. À défaut, portage à la main. Sur quatre niveaux, cela double le temps de montage — et la même chose en fin de journée.
  • Le nombre de montages. Un seul montage pour une tranche de cinq lots contigus, ou cinq montages pour cinq lots dispersés dans le bâtiment. C'est exactement ce qui fait varier la durée réelle d'une tranche.

Deux demandes simples à formuler au conducteur de travaux : un emplacement réservé au véhicule d'intervention le jour de la tranche, et un local fermé pour laisser le matériel entre deux journées consécutives, ce qui supprime un montage et un démontage.

La zone tampon entre lots livrés et lots en travaux

C'est le point que les plannings ignorent et qui détruit le plus de travail déjà fait.

Tant qu'un niveau supérieur est en chantier, la poussière descend : par la cage, par les gaines techniques, par les trémies non rebouchées, et sur les semelles des ouvriers. Un lot livré propre au 3e étage se resalit en trois jours si le 5e ponce encore des enduits.

Les dispositifs qui fonctionnent, par ordre d'efficacité :

  • Le cloisonnement de la cage au niveau le plus haut livré, par une bâche filmée avec fermeture, doublée d'un tapis collant au sol.
  • L'obturation provisoire des gaines techniques et des trémies non refermées, qui sont des cheminées à poussière.
  • Un itinéraire de chantier distinct de l'itinéraire de livraison, quand le bâtiment comporte deux accès.
  • Le verrouillage des lots traités, et une clé unique tenue par le conducteur de travaux.

Sans ces dispositifs, le seul plan qui tienne est de traiter les niveaux hauts en dernier, quitte à décaler la remise de leurs clés.

Le séquencement des communs par rapport aux lots

L'erreur classique est de traiter les parties communes en début de programme, parce qu'elles sont visibles.

Les communs se traitent après les lots qu'ils desservent. Toujours. Chaque lot traité génère un passage de matériel, une évacuation d'eau sale et un portage : la cage reçoit tout.

L'ordre correct sur un bâtiment livré en une fois :

  1. Tous les lots, du haut vers le bas.
  2. Les paliers et les volées d'escalier, dans le même sens.
  3. Le parking, la rampe et les locaux techniques.
  4. Le hall, la cabine d'ascenseur et l'entrée.
  5. Les abords immédiats de l'entrée.

Sur un bâtiment livré par tranches, les communs se traitent par zone verticale — la cage desservant les lots livrés — puis une passe de reprise globale avant la livraison du dernier lot. Cette passe de reprise est à prévoir dès la consultation : c'est celle que les plannings oublient.

Côté prix, chaque logement se chiffre séparément, à sa surface et à son type de sol : un appartement de 85 m² en carrelage classique fait 85 × 20 = 1 700 DH, porté au minimum de 3 000 DH TTC ; un appartement de 160 m² dont 40 m² de marbre fait 120 × 20 + 40 × 30 = 3 600 DH TTC.

La répartition de la charge entre intervenants est traitée dans qui règle la facture de nettoyage, et le barème complet sur la grille du fin de chantier. Pour une estimation logement par logement, décrivez le programme, les surfaces, les sols et le calendrier de livraison.

Quand faire appel à un professionnel

Questions fréquentes

Faut-il nettoyer les lots avant ou après les parties communes ?

Les lots d'abord, les communs ensuite, et dans le même sens descendant. Chaque lot traité génère un passage de matériel, une évacuation d'eau sale et un portage que la cage d'escalier reçoit intégralement. Des communs nettoyés en début de programme sont des communs à refaire avant la première visite d'acquéreur.

Que se passe-t-il si un étage n'a pas encore l'électricité ?

Cet étage attend qu'elle soit disponible. Une monobrosse et un aspirateur eau et poussière tirent une intensité qu'une rallonge de chantier partagée ne fournit pas : il faut une alimentation dédiée sur le lot ou le palier, avec un différentiel en état. C'est pourquoi l'alimentation de chantier doit être maintenue jusqu'à la fin du nettoyage, pas coupée à la réception des lots techniques.

Comment éviter que les lots déjà nettoyés se resalissent ?

Par un cloisonnement de la cage au niveau le plus haut livré, une obturation provisoire des gaines et des trémies non refermées, un itinéraire de chantier distinct de celui de livraison quand le bâtiment le permet, et le verrouillage des lots traités avec une clé unique. À défaut, la seule stratégie qui tienne est de traiter les niveaux hauts en dernier.

Pourquoi exiger des lots contigus plutôt que dispersés dans l'immeuble ?

Parce que le montage du matériel — monobrosse, aspirateur eau et poussière, bidons, disques, rallonges — se fait une seule fois pour une tranche contiguë, et autant de fois qu'il y a de lots quand ils sont dispersés. C'est ce montage unique qui raccourcit les journées ; sans lui, chaque lot redevient un chantier indépendant.

Peut-on stocker le matériel sur place entre deux journées d'intervention ?

C'est la demande la plus utile qu'un conducteur de travaux puisse satisfaire : un local fermé sur site supprime un démontage le soir et un montage le lendemain, sur toute la durée d'une tranche. Il faut également un emplacement réservé au véhicule d'intervention les jours concernés, la voirie n'étant souvent pas livrée en périphérie.

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