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Comment nettoyer un riad de la médina sans abîmer les matériaux fragiles ?

· 10 min de lecture

En bref

Un riad de la médina se nettoie matière par matière : le plâtre sculpté à sec, le bois peint sans eau ni solvant, le tataoui à l'aspiration douce, le fer forgé sans décapant chimique. À Marrakech, dans un nettoyage de fin de chantier EPUREVA, les sols de riad — zellige, bejmat, tadelakt — comptent à 30 DH/m² TTC, avec un minimum de 7 500 DH TTC pour une villa ou un riad ; le traitement suit le matériau, car tous les sols ne se cristallisent pas.

Le gebs sculpté : sec, souple, jamais d'eau

Le gebs est un plâtre de Marrakech taillé au ciseau, en frises, arcs, moucharabiehs et encadrements. C'est le matériau le plus exposé d'un riad, parce qu'il est en hauteur et qu'il capte toute la poussière de chantier.

Trois propriétés dictent la méthode :

  • Il est poreux et hydrophile. Une eau, même claire, y pénètre, dissout une part du liant en surface et laisse une auréole plus claire que le reste. Sur une frise, l'auréole suit la coulure et devient un défaut définitif.
  • Les arêtes de sculpture sont fines. Un chiffon appuyé, une brosse dure ou un embout d'aspirateur en contact suffisent à les émousser.
  • Il est souvent peint ou patiné. Un badigeon de chaux ou une patine à la caséine part au premier frottement humide.

Le protocole : aspiration à faible dépression, embout brosse à poils très souples tenu sans contact, complétée au pinceau doux à poils naturels dans les creux, en descendant. Sur un dépôt gras, un tampon de gomme sèche, testé sur zone témoin dans un angle. Aucune eau, aucun produit, aucune vapeur.

Une fissure, un éclat ou une lacune ne relèvent pas du nettoyage : ils relèvent d'un maâlem plâtrier, et nous les signalons au lieu de les masquer.

Le zouak et le cèdre : une peinture à liant fragile

Le zouak est le décor peint des plafonds, des portes et des consoles en bois de cèdre. Le liant est souvent une émulsion à l'œuf ou une détrempe : il est soluble et sensible au frottement.

Ce qui le détruit, dans l'ordre de fréquence :

  • L'eau savonneuse, qui délave les pigments et laisse un voile.
  • Le solvant, employé « pour dégraisser », qui dissout le liant instantanément.
  • Le nettoyeur vapeur, dont la chaleur décolle la couche picturale du support.
  • Le chiffon microfibre appuyé, qui emporte le pigment sur une zone déjà fragilisée.

Le protocole : dépoussiérage à sec exclusivement, au pinceau souple, en travaillant dans le sens des fibres du bois et jamais en travers du décor. Aspiration à distance pour capter ce que le pinceau détache.

Sur du cèdre non peint, une huile d'entretien peut être envisagée par le propriétaire, après essai sur une face cachée — mais c'est un traitement de conservation, pas un nettoyage, et cela se décide avant le chantier, avec l'artisan du bois.

Le tataoui et les plafonds en roseau

Le tataoui est le plafond de roseaux de bambou serrés, posés sur poutres, typique des riads et des toits-terrasses couverts. C'est un piège à poussière et un ouvrage sans reprise possible.

Ce qu'il faut savoir avant d'y toucher :

  • Les roseaux sont liés par de la ficelle et souvent scellés au plâtre en périphérie. Une aspiration trop forte détache un brin, et un brin détaché en entraîne d'autres.
  • Le roseau absorbe l'eau et se déforme en séchant ; il ne reprend pas sa forme.
  • Les interstices abritent des insectes. Un traitement contre les nuisibles est parfois nécessaire : c'est une intervention distincte du nettoyage, à programmer avant lui.

Le protocole : aspiration à faible dépression, embout brosse tenu à quelques centimètres, en balayant dans le sens des roseaux. Pinceau souple pour les jonctions avec le plâtre. Aucun produit, aucune eau, aucune pression.

Un plafond très encrassé peut rester visuellement chargé après nettoyage. Nous le disons avant l'intervention, pas après.

Fer forgé et laiton, deux métaux, deux réponses

Un riad en contient partout : moucharabiehs de fenêtres, garde-corps de galerie, lanternes, poignées, plateaux, robinetterie.

Le fer forgé est peint ou patiné, rarement nu. Le dépoussiérage se fait à sec, la dégraisse au détergent neutre très dilué, avec un séchage immédiat : c'est l'eau laissée dans un angle de soudure qui déclenche la rouille.

Les points d'oxydation légers se traitent mécaniquement, à la brosse laiton souple, jamais à la brosse acier qui raye et laisse des particules ferreuses qui rouilleront à leur tour. Un dérouillant chimique sur un fer patiné détruit la patine : à écarter sans accord écrit du propriétaire.

Le laiton et le cuivre s'oxydent naturellement et prennent une patine que beaucoup de propriétaires souhaitent conserver. La question se pose donc avant : patine conservée, ou brillance restaurée ? Dans le second cas, il faut un produit spécifique et un polissage manuel, puis une protection — sans quoi le métal se re-ternit en quelques semaines. Dans le premier, un simple dépoussiérage suffit.

C'est le genre d'arbitrage qui se tranche avant le chantier, sur photos, pas sur un devis type.

Vitraux sur plâtre et verre soufflé

Les vitraux de riad ne sont presque jamais sertis au plomb : les verres colorés sont enchâssés dans un réseau de plâtre découpé. C'est ce qui change tout.

  • Le plâtre du réseau se dissout à l'eau. Un lavage à l'éponge, même délicat, ronge les nervures et finit par libérer un verre.
  • Le verre soufflé est irrégulier et souvent fin. Toute pression le fait travailler dans son logement.
  • Aucune lame, jamais, sur ce type d'ouvrage.

Le protocole : dépoussiérage à sec des deux faces au pinceau souple, puis nettoyage du verre seul, au chiffon microfibre à peine humidifié, verre par verre, sans jamais toucher le plâtre, avec séchage immédiat. C'est lent, et c'est le prix à payer.

La même logique vaut pour les lanternes en fer et verre coloré : on démonte quand c'est possible, on ne mouille jamais un cadre en place au-dessus d'un sol en zellige.

L'ordre de passage imposé par un patio ouvert

Un riad n'a pas de plafond au centre. Le patio est un puits ouvert sur le ciel, entouré de galeries, et cette géométrie impose l'ordre de la journée.

  • Le patio se traite en dernier, parce qu'il reçoit tout ce qui tombe des galeries, des balcons et de la terrasse pendant l'intervention.
  • Les niveaux se traitent du haut vers le bas : toit-terrasse, étage, rez-de-chaussée, puis patio.
  • Le vent de fin de journée ramène de la poussière de la médina dans le patio : le nettoyage du sol du patio se fait en toute fin, et le contrôle le lendemain matin.
  • Le sol du patio est presque toujours en zellige ou en bejmat, souvent autour d'un bassin central. Il relève du protocole manuel décrit sur le traitement des sols traditionnels : le traitement suit le matériau, et tous les sols ne se cristallisent pas. Un tadelakt, de même, se nettoie sans acide ni abrasif.

L'accès et le portage dans un derb sont l'autre contrainte structurante d'un chantier de médina — ils sont détaillés sur le chantier de riad.

Les cinq gestes à proscrire dans un riad

Ces cinq gestes abîment un riad plus sûrement que la poussière qu'ils prétendent retirer. Mieux vaut les exclure par écrit, quel que soit l'intervenant.

  1. Le nettoyeur haute pression sur un mur, un sol ou un bassin de riad. Il déjointoie, décroche un zellige mal scellé et perce un tadelakt.
  2. La monobrosse sur un zellige ou un bejmat. Le plateau ne suit pas les irrégularités de pose et le disque attaque les joints à la chaux.
  3. Tout produit acide sur un zellige, un marbre beldi, un joint à la chaux ou un tadelakt — y compris le vinaigre, y compris dilué.
  4. La vapeur sur un tadelakt, un gebs peint ou un bois décoré. La chaleur décolle et ternit.
  5. Le retrait d'une patine sans accord écrit du propriétaire. Une patine n'est pas de la saleté, et sa disparition est irréversible.

La méthode qui les remplace est plus lente : c'est ce qui explique qu'un zellige, un bejmat ou un tadelakt compte à 30 DH/m² TTC dans un nettoyage de fin de chantier, contre 20 DH/m² TTC pour un carrelage classique, et qu'une villa ou un riad porte un minimum de 7 500 DH TTC.

Un riad de 180 m² en zellige et bejmat fait 180 × 30 = 5 400 DH de sols, portés au minimum : 7 500 DH TTC, avant terrasses et suppléments éventuels (beaucoup de traces +20 %, traces épaisses +40 %, bien meublé +15 %).

Le raisonnement complet sur le prix est dans ce que coûte une remise en état à Marrakech, et l'entretien courant qui suit dans entretenir marbre et zellige au quotidien. Pour une estimation, envoyez des photos des sols et des matériaux concernés.

Quand faire appel à un professionnel

Questions fréquentes

Peut-on nettoyer du plâtre sculpté sans l'abîmer ?

Oui, mais à sec exclusivement. Le gebs est poreux et hydrophile : une eau même claire y pénètre, dissout une part du liant en surface et laisse une auréole plus claire, définitive. La méthode est l'aspiration à faible dépression avec un embout brosse tenu sans contact, complétée au pinceau doux à poils naturels dans les creux, en descendant.

Le bois peint d'un plafond de riad se lave-t-il à l'eau ?

Non. Le zouak est peint avec un liant souvent à l'œuf ou en détrempe, soluble à l'eau et sensible au frottement. L'eau savonneuse délave les pigments, un solvant dissout le liant instantanément et la vapeur décolle la couche picturale. Seul le dépoussiérage à sec au pinceau souple, dans le sens des fibres, est acceptable.

Comment dépoussiérer un plafond en roseaux sans le détacher ?

À l'aspirateur réglé sur faible dépression, embout brosse tenu à quelques centimètres, en balayant dans le sens des roseaux et non en travers. Les brins sont liés par de la ficelle et scellés au plâtre en périphérie : une aspiration trop forte en détache un, et un brin détaché en entraîne d'autres. Aucune eau, le roseau se déforme en séchant.

Faut-il faire enlever la patine du laiton d'un riad ?

C'est une décision du propriétaire, à prendre avant l'intervention, pas pendant. Le laiton et le cuivre s'oxydent naturellement et beaucoup souhaitent conserver cette patine. Une brillance restaurée exige un produit spécifique, un polissage manuel et une protection, faute de quoi le métal se re-ternit en quelques semaines.

Un plafond ou un mur très encrassé redevient-il comme neuf ?

Pas toujours, et nous le disons avant l'intervention. Sur un tataoui, un gebs ancien ou un bois décoré, une part de l'encrassement est fixée dans la matière et son retrait exigerait des méthodes qui détruiraient l'ouvrage. Le nettoyage retire ce qui est déposé ; ce qui est absorbé relève d'une restauration, donc d'un artisan.

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