Nettoyer son bassin avant de le fermer pour l'hiver
En bref
À Marrakech, l'hiver ne gèle pratiquement jamais : le sujet d'un bassin fermé n'est pas le gel mais l'immobilité, le dépôt de fin d'été et le vent de sable. La fenêtre utile pour une intervention mécanique se situe en octobre, après le chergui. Le nettoyage d'un bassin vidé — fond, parois, ligne d'eau, margelles — se confie au pisciniste, comme la vidange, le remplissage et le traitement de l'eau. Un bassin ne doit pas rester vide plusieurs mois.
Ici, l'hiver ne gèle pas, et le vrai risque est ailleurs
Presque tout ce qui s'écrit sur l'hivernage d'une piscine vient de climats où l'eau gèle. À Marrakech, ce paramètre ne s'applique pratiquement jamais, et transposer ces conseils conduit à traiter un problème qu'on n'a pas.
Ce à quoi un bassin marrakchi est réellement exposé entre novembre et mars :
- l'immobilité. Une eau qui ne circule plus, ou très peu, dans un bassin que personne ne regarde pendant cinq mois. C'est le facteur numéro un ;
- le dépôt de fin d'été. Le bassin entre dans l'hiver avec la charge accumulée pendant la saison de vent : sable fin au fond, ligne d'eau marquée, film gras sur les parois ;
- les apports végétaux. Feuilles, brindilles, fruits tombés, qui se décomposent au fond et produisent une matière tenace ;
- les épisodes pluvieux, rares mais parfois violents, qui remplissent, débordent et chargent le bassin en terre ;
- l'amplitude thermique, qui reste forte entre le jour et la nuit et fait travailler les matériaux, en particulier sur un bassin laissé vide.
Aucun de ces cinq points ne se règle avec un produit versé le dernier jour. Ils se règlent par l'état dans lequel le bassin est laissé — et c'est précisément le sujet de cet article.
Fermer plein ou laisser vide, les deux ont un coût
La question revient chaque automne, et il n'y a pas de réponse unique. Il y a deux situations, chacune avec sa contrainte.
Garder l'eau. C'est le choix le plus courant sur un bassin en bon état. L'eau maintient la contre-pression sur les parois et le radier, ce qui supprime le risque structurel. En contrepartie, elle demande un minimum de suivi : une circulation périodique, un contrôle de temps en temps, un retrait des feuilles.
Un bassin laissé plein et totalement abandonné pendant cinq mois se retrouve vert et opaque au printemps — la situation décrite dans ce qui rend une eau de bassin verte —, et il faudra le vider de toute façon.
Laisser vide. Le choix se comprend sur un bassin qui doit être repris, réparé ou qui ne servira pas du tout. Mais il a un coût réel :
- le risque structurel subsiste tant que le bassin est vide. Un terrain gorgé d'eau après un épisode pluvieux exerce une poussée que rien ne compense plus — c'est pourquoi le moment de la vidange se décide avec le pisciniste ;
- le revêtement travaille. Cinq mois de soleil et d'amplitude thermique font fariner une peinture, durcir et rétracter un liner, micro-fissurer un enduit, effriter un joint ciment ;
- le bassin se charge quand même : sable, feuilles, terre, et parfois un petit animal tombé au fond.
La règle est simple : un bassin ne doit pas rester vide plus longtemps que nécessaire. Si la vidange est décidée, le nettoyage et les éventuelles réparations s'enchaînent, et le remplissage suit.
Octobre, la meilleure fenêtre de l'année
Si une seule intervention mécanique doit être programmée dans l'année, c'est celle-là. Trois raisons.
Le vent est retombé. Le chergui souffle principalement de juillet à septembre. Une reprise faite en août ne tient que quelques jours, parce que le dépôt se reconstitue aussitôt. En octobre, le résultat tient plusieurs mois.
La matière est encore fraîche. Le dépôt de fin de saison n'a pas eu le temps de sécher et de durcir. Il s'évacue à la raclette et à l'aspirateur, alors que le même dépôt repris en mars formera une croûte adhérente à décoller au grattoir — et la différence de temps de travail est considérable.
Le terrain est stable. On est avant la période où les pluies rendent une vidange risquée, et après la chaleur qui rend le travail dans un bassin sec très pénible.
Un bassin nettoyé en octobre entre dans l'hiver propre, et il ressort au printemps dans un état qui ne demande qu'une reprise légère — ce qui allège considérablement la préparation d'avant-saison.
Ce qui doit sortir avant qu'on referme
La liste tient en une page, et elle vaut aussi bien pour un bassin qu'on garde plein que pour un bassin qu'on vide.
Dans le bassin
- les feuilles et débris végétaux, épuisette puis aspiration. Une feuille laissée cinq mois au fond laisse une tache de tanin sur un revêtement clair, et cette tache ne part pas toujours ;
- le sable et le dépôt de fond, qui se compactent avec l'humidité et deviennent une croûte ;
- le film gras et la ligne d'eau, à traiter tant que la marque est récente. Une ligne d'eau laissée une saison de plus se durcit ;
- les paniers de skimmers, vidés et lavés.
Autour
- la plage et les margelles, débarrassées du sable accumulé dans les joints — sans quoi la première pluie l'entraîne dans le bassin ;
- les jardinières et les pots posés en bord de plage, écartés ou vidés de leur soucoupe ;
- les siphons de plage et les évacuations, dégagés avant les pluies ;
- le mobilier et les accessoires rangés, jamais laissés dans le bassin vide où ils marquent le revêtement.
Un cas à part : si la plage sort de travaux pendant l'automne — dallage neuf, joints repris —, son nettoyage relève d'un nettoyage de plage et de terrasse en fin de chantier, qui ne comprend pas le bassin.
La bâche protège d'une chose et en aggrave une autre
Elle est souvent présentée comme la solution de l'hiver. Elle en est une partie, à condition de savoir ce qu'elle fait.
Ce qu'elle apporte
- elle bloque l'essentiel des apports : feuilles, sable, poussière, débris. C'est un gain très net dans un jardin arboré ou pendant un épisode de vent ;
- une couverture opaque limite la lumière, donc le développement des algues sur un bassin laissé plein ;
- elle constitue une barrière de sécurité pour les enfants et les animaux, à condition d'être conçue pour cela.
Ce qu'elle aggrave
- une bâche mal tendue retient l'eau de pluie et la poussière en poche. Cette poche devient une eau stagnante à ciel ouvert, c'est-à-dire un gîte à moustiques très productif — le mécanisme est expliqué dans notre article sur les moustiques et les points d'eau ;
- une bâche posée sur un bassin sale enferme la matière : on ne voit plus rien pendant cinq mois, et on découvre au printemps un bassin dans un état bien pire que prévu ;
- une bâche qui frotte sur une margelle ou une ligne d'eau finit par marquer le revêtement.
La règle qui découle de tout cela : on ne bâche jamais un bassin sale. On nettoie, puis on couvre. Dans cet ordre, et pas dans l'autre.
Le local technique passe l'hiver moins bien que le bassin
C'est l'angle mort de la fermeture, et c'est pourtant là que se produisent la plupart des mauvaises surprises du printemps.
Ce qu'on y trouve régulièrement en octobre :
- un fond d'eau permanent au sol du local, entretenu par une petite fuite ou par la condensation. Il attire les insectes, il maintient une humidité constante autour du matériel, et il devient un gîte larvaire à part entière ;
- des feuilles et du sable accumulés autour du groupe de filtration, qui gênent la ventilation ;
- un couvercle de filtre, un préfiltre ou un panier encrassés et laissés tels quels pendant cinq mois ;
- des traces de rongeurs — un local technique tiède, sombre et peu fréquenté est un abri idéal.
Ce que le propriétaire peut faire : balayer le sol et les abords, sortir les débris, et noter par écrit ce qu'il voit pour le transmettre au pisciniste.
Ce qui revient au pisciniste : la mise à l'arrêt de l'installation, la vidange du filtre, le démontage de la pompe, la purge des canalisations, la pose de flotteurs. Ces opérations doivent être faites par quelqu'un qui connaît l'installation.
Ce que cinq mois d'inactivité produisent réellement
Pour ceux qui hésitent encore à intervenir en octobre, voici ce que l'on retrouve chaque printemps sur les bassins fermés sans préparation.
- Un dépôt de fond devenu croûte. La boue, les feuilles décomposées et le sable ont séché en une couche adhérente. Le temps de travail au printemps est nettement supérieur à celui qu'aurait demandé une reprise en octobre, et le risque de rayer le support en décollant est réel.
- Une ligne d'eau durcie. Le calcaire et les corps gras ont eu cinq mois de plus pour se lier. Sur un revêtement fragile, une partie de la marque devient irréversible.
- Des taches organiques laissées par des feuilles restées au même endroit.
- Un revêtement dégradé, sur les bassins laissés vides : peinture qui farine, liner rétracté, joints effrités.
- Un bassin vert et opaque, sur les bassins laissés pleins sans aucun suivi, avec une vidange devenue inévitable.
Aucune de ces situations n'est dramatique prise isolément. Ensemble, elles transforment une demi-journée d'octobre en deux jours de mars, plus des réparations. C'est la seule vraie raison d'intervenir avant l'hiver.
La part du propriétaire, et celle du pisciniste
Le partage des rôles, à écrire avant de commander quoi que ce soit.
Le propriétaire ou son personnel : retirer les feuilles, dégager la plage et les siphons, ranger le mobilier, bâcher un bassin propre, surveiller le niveau et noter les anomalies du local technique.
Le pisciniste : la vidange si elle est décidée, le nettoyage mécanique du bassin vidé — fond, parois, marches, ligne d'eau, margelles —, le remplissage, le traitement et l'équilibrage de l'eau, la mise à l'arrêt ou en service de la filtration, la purge des canalisations, la pose de flotteurs, les réparations du revêtement ou des pièces à sceller, et le contrat d'entretien saisonnier si vous en voulez un.
Si des travaux sont prévus pendant l'hiver, la reprise du bassin se cale à la fin du chantier plutôt qu'avant : un nettoyage fait trop tôt serait à refaire.
Questions fréquentes
Faut-il vider sa piscine pour l'hiver à Marrakech ?
Pas par principe. À Marrakech l'eau ne gèle pratiquement jamais, et garder le bassin plein maintient la contre-pression sur les parois, ce qui supprime le risque structurel. La vidange se justifie quand une réparation est nécessaire, quand le bassin ne servira pas du tout, ou quand l'eau est déjà dégradée. Elle impose alors d'enchaîner nettoyage, réparations et remplissage sans laisser traîner.
Peut-on laisser un bassin vide pendant tout l'hiver ?
C'est déconseillé. Le risque structurel subsiste tant que le bassin est vide, en particulier après un épisode pluvieux qui gorge le terrain. Le revêtement travaille aussi sous l'effet du soleil et de l'amplitude thermique : une peinture farine, un liner se rétracte et durcit, un enduit se micro-fissure, un joint ciment s'effrite. Le bassin se charge par ailleurs en sable et en feuilles.
Quel est le meilleur mois pour nettoyer un bassin avant l'hiver ?
Octobre. Le vent de sable est retombé, donc le résultat tient plusieurs mois au lieu de quelques jours. Le dépôt de fin de saison est encore frais et s'évacue à la raclette et à l'aspirateur, alors que le même dépôt repris en mars forme une croûte adhérente. Et le terrain est stable, avant la période où les pluies rendent une vidange risquée.
Une bâche suffit-elle à garder un bassin propre pendant l'hiver ?
Elle bloque l'essentiel des feuilles, du sable et de la poussière, et une couverture opaque limite le développement des algues. Mais une bâche mal tendue retient l'eau de pluie en poche, ce qui crée un gîte à moustiques très productif, et une bâche posée sur un bassin sale enferme la matière pendant cinq mois. La règle est simple : on ne bâche jamais un bassin sale.
Que faut-il faire du local technique pendant les mois sans baignade ?
Le nettoyer et le contrôler. Un fond d'eau permanent au sol, des feuilles accumulées autour du groupe de filtration, des paniers encrassés laissés en place et des traces de rongeurs sont les constats les plus fréquents en octobre. Le sol et les abords se balaient, les anomalies se notent par écrit ; la mise à l'arrêt de l'installation appartient au pisciniste.